Géo J’aime a interrogé Antoine de Beaurepaire, 32 ans, géomaticien chef de projet à Datageo. Il utilise des cartes pour choisir où installer ces grands câbles qui amènent l’électricité jusqu’aux maisons.
À quel moment as-tu découvert la géomatique ?
J’ai découvert la géomatique quand j’étais à l’université. Des professeurs m’ont parlé de la géomatique. Ils m’ont expliqué que c’est un métier qui utilise des cartes, des ordinateurs et des images de la Terre prises par des satellites ou des avions, pour mieux comprendre les endroits où l’on vit et aider à décider ce que l’on peut y construire pour mieux les organiser. Par exemple, cela peut servir à choisir où tracer une nouvelle route. J’ai trouvé cela très intéressant et ça m’a beaucoup plus. Quand j’étais enfant, j’aimais déjà beaucoup la géographie et les cartes. Je passais du temps à feuilleter des Atlas : des grands livres avec des cartes du monde. J’aimais aussi regarder à la télévision des émissions de voyage et de découverte, comme « Thalassa » et « Ushuaïa », qui montraient de magnifiques régions du monde avec des mers, des montagnes, des forêts et des déserts. J’aimais observer ces milieux et découvrir comment vivent les habitants à chaque coin de la planète.
Quelles études as-tu faites ?
Après le bac, j’ai étudié pendant trois ans l’aménagement du territoire à l’université de Rennes. J’y ai appris comment organiser les villes pour que les habitants y vivent bien. Ensuite, j’ai continué mes études durant deux ans avec un master de géomatique pour me former à utiliser des ordinateurs, des cartes et des images de la Terre.
En quoi consiste ton travail ?
L’électricité est produite dans différents endroits, par exemple dans des centrales électriques ou grâce à des éoliennes. Mais ces lieux sont souvent loin de nos maisons. Pour que l’électricité puisse y arriver, il faut construire ce que l’on appelle des lignes électriques. On peut imaginer que ce sont un peu les routes que l’électricité emprunte pour se déplacer. Moi je dois trouver le meilleur chemin pour chacune de ces lignes, c’est-à-dire le trajet le plus simple, le plus court, le plus rapide et le moins cher à construire.

Pour cela, j’utilise des cartes très détaillées. Sur ces cartes, chaque élément a une couleur ou un dessin particulier : les lacs sont en bleu, les forêts en vert, les villes en gris, les montagnes sont représentées avec des reliefs… En regardant toutes ces informations, j’arrive à choisir les meilleurs endroits pour bâtir les lignes électriques : ceux où les travaux sont les plus faciles à faire, et ceux qui dérangent le moins la nature et ses habitants. On essaie de ne pas traverser des forêts protégées, des lacs où des endroits où vivent beaucoup d’animaux. On évite aussi de passer au-dessus des maisons, des écoles ou des villages. C’est un travail qui demande du temps, de l’organisation et de la curiosité. Je discute avec toutes les personnes concernées.
La géomatique fait aussi partie de tes loisirs ?
Oui, je crée des cartes pour préparer mes sorties à vélo. Après la balade, j’y ajoute des photos pour raconter les endroits que j’ai vus.

