Fabriquer des cartes pour protéger nature et animaux

Géo J’aime a fait la connaissance d’Estelle Garrouste, 33 ans, géomaticienne à l’agence Ecosphère. Ce n’est qu’après l’épidémie de Covid-19 que la jeune femme a réellement découvert ce métier.


Quel était ton rêve d’enfant ?  

Petite, je voulais être vétérinaire. J’adorais les animaux et je voulais les soigner. Je ne savais pas que le métier de géomaticienne existait. J’en ai entendu parler plus tard, à l’université, quand j’étudiais la biologie et l’écologie. Après le Covid, j’ai eu envie de changer de travail. Une agence m’a proposé de travailler comme cartographe, c’est-à-dire de fabriquer des cartes. J’utilisais des images satellites, c’est-à-dire des photos de la Terre prises depuis l’espace. Cela me servait à repérer les maisons, les routes et les éléments du paysage. Ensuite, je les dessinais sur une carte numérique en traçant leur contour. On appelle cela « détourer ». Ce travail permet de rendre les cartes plus claires et précises. Dans mon cas, ces cartes aidaient l’Armée à mieux se repérer lorsqu’elle se déplaçait. Cette expérience m’a permis par la suite de devenir géomaticienne, un métier qui consiste à créer et utiliser des cartes sur ordinateur.

On fait quoi quand on est géomaticienne ? 

Moi, je suis géomaticienne à l’agence Ecosphere à Aubagne. Notre mission est de protéger la nature et les animaux. Je travaille avec des spécialistes des animaux et des plantes. Quand ils vont sur le terrain, ils notent toutes les espèces qu’ils voient et combien il y en a : serpents, grenouilles, papillons, libellules, sangliers, chevreuils, souris… Ils les prennent aussi en photo. Chaque spécialiste utilise des outils différents : celui des plantes observe avec une loupe, celui des oiseaux avec des jumelles et celui des insectes avec un filet. Ensuite, je récupère toutes leurs informations. Je les enregistre dans une base de données, c’est comme un grand tableau avec des lignes et des colonnes dans l’ordinateur. Puis, je dessine les éléments sur une carte : je colorie, par exemple, les arbres en vert, les cours d’eau en bleu. Grâce à ces cartes, on peut vérifier si un projet de construction risque de déranger les animaux ou d’abîmer la nature. Depuis que je fais ce métier, j’ai appris un tas de choses. Je sais reconnaître beaucoup d’animaux et de plantes. Je sais aussi ce qu’ils mangent et comment ils vivent.

Comment peut-on faire le même métier que toi ?

Il y a plusieurs chemins qui mènent au métier de géomaticien. Comme je te l’ai expliqué, j’ai étudié la biologie et l’écologie pendant cinq ans à Sorbonne Université. Cela s’appelle un master. À ce moment-là, je n’avais pas encore vraiment appris la géomatique. J’ai fait une autre formation plus tard…

Mais si tu veux faire ce métier, tu peux commencer par t’intéresser à la nature et aux animaux. Quand tu te promènes avec tes parents, observe ce qui t’entoure. C’est aussi ce que je fais quand je pars en randonnée. Tu peux même prendre en photo les animaux et les plantes que tu vois. Pour réussir dans ce métier, il faut être rigoureux et sérieux. Il faut bien noter les informations et les ranger correctement dans l’ordinateur. Il faut aimer travailler à plusieurs. Et surtout, il faut être créatif, car cela aide à créer de jolies cartes faciles à comprendre.